* *
Me voila debout mais, combien de temps encore ?
Je suis désorienté, à bout, fatigué, vieux ;
Grabataire ? Pas vraiment... juste pas au mieux,
Mais je ne me plains pas, au milieu de ces morts...
L'assaut s'est déroulé, banal, sanglant, horrible,
Ma compagnie dissoute, ses membres dispersés
Sur le champ de bataille, en pièce détachées
Et je reste seul, las, et la vie m'est pénible.
Je me souviens très bien, Benoit le maraîcher,
Guillaume le poète, qui s'est fait trépaner,
Ou encore Aurélien, mon gentil capitaine.
Ils étaient des amis, dont je ne savais rien,
Ils étaient des frères, ils étaient mon soutien,
Et ils sont tombés là, au milieu de la haine.
* *
*
